Profession de Foi

Qui suis-je ?

Posez-vous deux minutes et vingt secondes, c’est le prix à payer pour entendre cette première confidence.

Laissez vos mails en suspens, le dernier fabuleux concert de Queen où éteignez la radio, la télé, posez-vous deux minutes quatorze.

Vous allez vous mettre en situation en quelques secondes.

Vous allez lire cette confidence et écouter distraitement ce morceau.

C’est ici pour commencer =>  

J’arrive au dessus de la ville, je découvre peu à peu les teintes, les parfums, les bruits de cette expédition qui m’attend…

Les voix se précisent, les murs si durs se réveillent, communiquent et s’animent. La musique de cette ville est comme toutes les autres ; unique.

Unique parce-que multiple, tel que je conçois l’artiste. La ville est un artiste vers lequel je vais à la rencontre. C’est lui qui m’emprisonne dans son chant, tel une sirène le fait du marin qui part à l’aventure pour s’émerveiller.

La multitude m’enveloppe chaleureusement dans son chant. Et je me laisse porter. J’admire tant les lumières  que l’architecture. J’écoute les échos que renvoient les monstres de la ville digérant le flot des passants d’où surgissent souvent ces moments magiques que seuls nous les attentifs pouvons parfois capter… Si nous prenons le risque aussi d’abstraction et d’engagement.

La ville bouge vibre et souvent aime. De quartier en quartier, il est grisant de se laisser perdre dans les lieux ou parfois même l’habitant n’a jamais posé les yeux.

Nous sommes des joueurs de lumière, ne vous trompez pas d’objectif, ce n’est pas ce qui est au bout de cette lentille que nous regardons. La matière première nous est offerte si nous arrivons à nous accorder. Et notre appareil en main, nos milliers de clichés imprimés dans notre histoire, nous connaissons parfaitement nos pinceaux.

Je n’ai jamais à régler mon appareil. Lorsque je suis photographe, je pars à l’aventure, mon appareil et moi sommes prêts. Je suis ses yeux et son guide. Je lui explique la lumière que je vois, la teinte qui m’appelle, l’énergie ou la force dont je veux témoigner.

Et là : Je vise et je shoote, nous shootons ! Une fois ! Jamais plus ! Parce-que je sais que j’ai tout pris pour travailler ensuite.

Nous visons, nous shootons ! Cent fois ! Parce-que notre rencontre est généreuse et qu’elle donne encore !

Les poils dressés toujours.

Souvent témoins des meilleures comme des pires extravagances créatrices et destructrices dont l’homme est capable, le photographe est le témoin avant tout de la complexité des rapports humains.

Et s’il s’insurge parfois, c’est pour inviter à l’empathie. J’aime à le croire.

Le morceau est certainement déjà terminé…

Je parlais des rapports humains ? Une vraie partie de Chess ? Non ?!

Nous parlions d’objectif ?

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